A ma naissance, en 1988, on m’a nommée Nathalie. Au collège, en cours d’histoire géographie, lorsque le prof parlait de natalité, je croyais à tous les coups qu’il m’appelait. C’est peut-être de la racine de mon prénom que m’est venue cette envie insatiable d’être maman dès l’arrivée à l’âge adulte. Envie qui primait à l’époque bien avant la recherche d’un compagnon idéal, d’un père satisfaisant pour mes enfants, avant la confection d’un foyer, d’une famille aimante. Être maman. Juste maman. Persuadée que pour le reste, avec les meilleures intentions du monde, tout coulerait de sources.

« De ses erreurs ont apprend, de ses succès pas autant »
Bienvenue chez les Robinson – Disney

Je suis née au Canada tandis que ma famille sur les générations avant moi vivait en Belgique. Depuis mes 4 ans je vis en France et dans ce même pays, j’ai vécu dans 3 régions différentes. J’ai parfois du mal à savoir où sont mes racines. Je n’ai pas eu l’occasion de rester en contact avec les enfants avec qui j’ai grandi et j’ai peu d’ami.e.s de longues dates. Il m’arrive régulièrement de me sentir profondément seule même lorsque je suis au milieu de la foule.

Une lecture récente (Le jour où elle a pris son envol – Beka Marko Cosson) m’a permis de prendre connaissance de la loi de Pareto, selon laquelle 80% de nos résultats sont produits par 20% de nos activités. Ce principe est applicable aux relations sociales : 20% de nos amis engendrent 80% de notre bonheur. Depuis lors, j’envisage que si mes relations satisfaisantes se comptent sur les doigts des mains, ce serait parce que je ne m’encombre pas des 80% qui n’engrangeraient que peu de bonheur, quitte à parfois me sentir seule.

– Mieux vaut être seul.e que mal accompagné.e –

Mon lien avec l’Invisible

Depuis l’enfance je me questionne sur la spiritualité. Je n’ai reçu aucune éducation religieuse avant mon entrée au collège à 11 ans, mais j’entendais déjà parler de Dieu, de Jésus, de la prière et de la messe. Lorsque ma cousine et moi nous retrouvions, elle me parlait de son Ange Gardien avec qui elle conversait intérieurement, me racontait les rêves prémonitoires d’une amie de nos grands-parents.

Mes parents avaient une éducation cartésienne et des formations et emplois scientifiques. Ma mère réfutait à l’époque avec un raisonnement logico-mathématique tout événement que la science n’aurait pu expliquer. En évoluant dans ce contexte, je ne me suis pas sentie libre d’explorer et de me forger ma propre opinion sur le “paranormal”, le monde de l’Invisible.

Mon père, de son côté, m’expliquait que l’Univers était infiniment grand et que dans de telles conditions il était très probable que d’autres vies se soient développées sur d’autres planètes. Selon lui peu importait de savoir si Jésus était réellement le fils de Dieu, seul comptait la beauté de son enseignement :

« Aimez-vous les uns les autres ! »

Mon lien au vivant

Il a toujours été essentiel pour moi d’être dans le respect et dans l’amour de la vie sous toutes ses formes. Déjà en maternelle, les copines de l’école venaient me chercher lorsque des vers de terre, escargots et limaces se retrouvaient sur le bitume sachant que je les déplacerais avec soin dans l’herbe. Bien sûr comme beaucoup, plus jeune, j’avais peur des araignées et il m’est arrivé d’en écraser. Peu à peu, j’ai cheminé dans l’émerveillement de ce que la nature nous propose sous toutes ses formes et vers un jugement équitable : qui suis-je pour déterminer qu’une limace à la bave gluante est moins digne de vivre qu’un élégant papillon ? Pour décider qu’un moustique qui cherche à se nourrir ne mérite pas de vivre car il provoquera chez moi une légère démangeaison ? A présent, j’aide les araignées à regagner le plafond avant d’allumer l’eau de la douche ^^

Dans ce désir de respecter le vivant, j’ai fait de nombreux choix de vie alternatifs, vivant de nombreuses années sur les routes, sans électricité ni eau courante, en me nourrissant grâce aux récups alimentaires pour limiter le gaspillage et la surconsommation.

Photo de jeunesse de Nathalie Poncelet dans les vignes

Une jeunesse en quête de liberté

Pour approcher mes idéaux j’ai commencé par des extrêmes. À 21 ans, alors que ma vie commençait tout juste, j’ai tout quitté : mes études, mon appartement, ma ville et même ma région, pour sortir d’un mal être déchirant. Tout était bon sauf continuer dans cette direction. J’ai quitté le confort financier apporté par mes parents pour commencer ma “vagabondance” (cf la chanson de Broussaï) et visiter d’autres facettes du monde.

De fil en aiguille j’ai été amenée à vivre en squats. Politiques à La Rochelle, écologiques à la ZAD de Notre Dame des Landes, artistiques et militants à Liège, étudiants marginaux à Saint Nazaire … Il m’est parfois arrivé de dormir dans la rue et de mendier avec mes camarades de l’époque, côtoyant pauvreté et addiction mais aussi libertés, découvertes, expériences et apprentissages. J’ai également vécu en camion et camping-car, sur les routes. Je suis entre autre partie en périple de plusieurs mois au Maroc avec ma fille qui avait tout juste 1 an et des amis du Rêve de l’Aborigène.

Petit à petit, j’ai (re)trouvé un équilibre plus juste pour mon bien-être autant physique que psychique. Je me suis rouverte au monde en (re)découvrant ma spiritualité au fil de rencontres inspirantes, de voyages, d’émerveillement, de partages, d’échanges et petit à petit j’ai pu renaître à moi-même un peu plus à chaque fois.

Silhouette d'une femme et ses deux enfants

Devenir Maman : entre engagement et résilience

Je suis maman depuis fin 2015 d’une petite pierre précieuse d’abord puis d’un petit apache qui nous a rejoint 3 ans plus tard. Je me suis rapidement retrouvée maman solo, les papas n’étant pas à l’époque en capacité d’assumer leur paternité. Il m’a fallu assurer la majeur partie de la charge seule, autant logistiquement que financièrement. Mission d’autant plus difficile que je me suis fixée des objectifs élevés pour l’éducation que je souhaite leur proposer.

« Avant j’avais des principes, maintenant je suis maman » dit on souvent. Pour ma part, malgré les obstacles, je maintiens nombre de mes valeurs. Depuis la naissance de ma fille, j’ai grandi à ses côtés en incluant autant que possible dans mon mode de vie la CNV (Communication Non Violente) que je ne considère pas tant comme une méthode théorique mais comme une philosophie de vie. Elle me permet d’accompagner mes enfants avec plus de douceur, de patience, d’écoute et de compréhension, de les aider à gérer leurs émotions, de prendre du recul avec les miennes et de les leur expliquer.

Afin de me forger des outils, j’ai lu de nombreux ouvrages et visionné des vidéos sur l’accouchement, l’allaitement, la parentalité dite bienveillante, tel que *Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent* et bien d’autres livres de Faber et Mazlish, des magazines comme *Grandir Autrement ..*. J’ai participé à un congrès sur la parentalité organisé par la Doula et amie qui m’a accompagnée durant ma grossesse et dans la suite de ma vie, m’apportant de nombreuses réponses à toutes les questions qui pouvaient me traverser à l’époque.

Il me semblait également essentiel pour les premières années de leur vie d’être pleinement présente pour mes deux petites têtes blondes, de les accompagner dans l’apprentissage et la découverte du monde, de partager avec eux leurs rires, d’être à l’écoute de leurs chagrins, de leurs colères et de leurs peurs. J’ai dans ce but pratiqué l’IEF (Instruction En Famille) aussi longtemps qu’il m’a été possible. Mon rêve aurait été de les élever en collectivité avec des ami.e.s, d’autres familles, d’autres parents et enfants. Malgré mes efforts, cela n’a pas été possible sur du long terme. Ayant peu de relais au quotidien, je me suis peu à peu totalement consacrée à mon rôle de Maman et j’ai mis entre parenthèses ma vie de Femme et mes projets personnels. C’est pourquoi, en septembre 2023, lorsque j’ai trouvé un établissement Montessori dont les valeurs me parlaient, j’ai accepté de scolariser mes enfants. Jusque là, nous vivions avec sobriété des aides sociales. A présent, avec les coûts de scolarité et de carburant, il nous devient plus difficile de subvenir à tous nos besoins.
Silhouette d'une femme et ses deux enfants
Nathalie est assise à sa table dans son dôme et consulte un arbre généalogique

Mon chemin vers la pratique des constellations

Cette scolarisation me libérant du temps libre, j’en ai profiter pour revenir vers mon projet professionnel. J’ai dans un premier temps mené à terme ma formation de praticienne en constellations systémiques et familiales débutée 2 ans plus tôt. J’ai participé à de nombreux groupes de constellations animées par d’autres praticien.ne.s, et j’ai reçu quelques constellations individuelles. Puis j’ai commencé à pratiquer avec des volontaires afin d’acquérir de l’expérience.

J’ai également été accompagnée dans une thérapie de psychogénéalogie par mon amie Aurélie Pin, ce qui m’a permis de découvrir d’autres façons d’appréhender les dynamiques qui régissent les familles.

Je me suis par la suite formée à la géométrie sacrée et j’envisage de compléter mes connaissances sur les constellations en débutant un cycle d’études avec Emmanuelle Marnet, une formatrice que j’estime beaucoup et avec qui j’ai fait ma toute première constellation.

Nathalie et une consultante sont entrain de réaliser une lecture d'un arbre généalogique attablées dans le dôme.

A l’origine, comment j’ai découvert les constellations

J’ai souvent été curieuse des dynamiques familiales : j’ai pu observer des familles très unies au delà de tout obstacle, et d’autres empêtrées dans des conflits vraisemblablement insolvables. Certaines où règnent bienveillance, protection, respect et amour, d’autres totalement dysfonctionnelles, où le mépris est la règle. Des familles dans lesquelles les personnes qui devraient incarner une figure d’attachement sécurisante sont celles qui détruisent la psyché et marquent les corps de leur descendance, souvent sans même prendre conscience du mal qu’elles infligent.

Il existe des familles nombreuses, où les petits enfants côtoient les cousins de leurs parents voire de leurs grands-parents, tandis que pour ma part par exemple, ma famille se résume à mes parents, mes frères, mes enfants, et nous n’avons pratiquement plus aucun lien avec des membres plus éloignés.

Quoiqu’il en soit, quelques soient nos rapports à nos parents proches ou éloignés, nous sommes les dignes descendants de nos ancêtres : ils sont nos racines, nous venons d’eux mais nous ne sommes pas eux, et quelque soit leur histoire, par loyauté inconsciente, nous pouvons répéter leurs erreurs, porter avec eux leurs fardeaux … Même si les membres d’une même famille s’éloignent, coupent tous les ponts, l’héritage reste vivant en chacun d’entre eux.

J’ai toujours été sensible à cette transmission, profondément convaincue que je porte les secrets et les fardeaux de ma famille, en partie dysfonctionnelle, cherchant comment m’en libérer et soulager ainsi ma descendance.

Dans ce parcours personnel, à la recherche d’un mieux être, j’ai rencontré les constellations systémiques et familiales. J’en ai d’abord entendu parler par une amie, ce qui m’a rendue très curieuse. Lorsque la doula qui m’avait accompagnée dans la mise en place de ma maternité a annoncé un atelier autour de la naissance : Oser naître, oser faire naître, conjointement à une constellation sur le même thème, animée par Emmanuelle Marnet, j’ai foncé.

J’ai été séduite par l’outil que j’ai alors découvert. Mon compagnon de l’époque, le seul homme du groupe, s’est spontanément proposer pour représenter le féminin. Je l’ai alors vu prendre conscience par imprégnation de ce que je pouvais traverser au quotidien, de ce que les femmes peuvent ressentir dans des situations similaires.

Puis j’ai découvert ma formatrice (que je ne peux nommer, car je n’ai pas encore passé ma certification, celle-ci demandant plus d’expérience que ce que j’en ai pour l’instant), et j’ai eu un coup de coeur pour cette femme qui voue un amour certain aux constellations. Ce qui m’a le plus séduit, c’est de voir à quel point elle souhaite rendre ça accessible à tous, en dispensant des constellations de groupe en visio gratuitement pour les représentants, seules les personnes constellées payant leur séance.

Photo de Nathalie Poncelet dans un décor de verdure avec des champignons sculptée en bois en arrière plan.

Mes projections pour le futur

Comme évoquer plus haut, afin de compléter ce que j’ai appris lors de ma formation, j’envisage de débuter un nouveau cycle d’études avec Emmanuelle Marnet, avec qui j’ai réalisé ma première constellation. J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de réaliser des constellations en individuel et en groupe avec elle, ainsi qu’avec plusieurs praticien.ne.s qu’elle a formé.e.s, me permettant d’apprécier sa méthode et son enseignement.

Ces deux formations seraient complémentaires, puisque ma première formatrice s’inspire des enseignements de Bert Hellinger (fondateur de la méthode des constellations familiales et systémiques), tandis qu’Emmanuelle a été formée par Eric Laudière (co-auteur du livre « La constellation familiale est un Je »), lui-même élève de Alejandro Jodorowsky (créateur de la psychomagie, une technique thérapeutique inventée pour « aider les gens à lever des blocages inconscients imposés par la famille, la société, la culture ou l’histoire »).

Depuis que j’ai expérimenté la psychogénéalogie pour moi même, je réfléchis aussi à la possibilité de me former à cet enseignement, afin de pouvoir proposer une étude plus poussée des arbres généalogiques avant d’entamer une constellation.

Mon parcours mouvementé dans la parentalité me donne également envie d’accompagner les jeunes parents, couples ou parents solo, autant en amont qu’après la naissance. Dans ce but, j’envisage de me former plus intensément dans le domaine, en suivant par exemple un cursus me permettant d’être doula ou en participant à des stages de La Leche Ligue (association qui forme et accompagne tout ce qui concerne l’allaitement ou la nutrition au biberon).

Cet été 2025, j’ai réalisé deux retraites de découverte de la naturopathie avec Agnès Thouzeau. Ces temps d’échange m’ont rendue très curieuse sur cette pratique. Depuis longtemps je cherche à améliorer mon hygiène naturelle : un esprit sain dans un corps sain. Intégrer ces enseignements pour les dispenser aux personnes qui viennent me consulter pourrait bien me plaire.
Affaire à suivre 😉

“Aimez-vous les uns les autres”.

Peut-être est-ce selon cet adage que je m’attache à comprendre et accueillir l’autre quelle que soit son histoire, son parcours, sa personnalité, son trouble, son chemin.

Quelques références qui ont façonné mon ouverture aux autres

Pour m’ouvrir encore plus au monde j’ai complété mes expériences par la lecture de partages de celles des autres, des romans autobiographiques tels que :

1ère de couverture du livre "Le Choeur des Femmes"

Le Choeur des femmes

Martin Winckler
Ce roman explore l’accompagnement des femmes dans le monde médical gynécologique, avec le manque d’écoute et de considération que les patientes peuvent subir, ainsi que les gestes invasifs et parfois inutiles qui peuvent être imposés pour facilité aux praticiens l’exécution des soins. En opposition à tout cela se dresse le docteur Franz Karma, médecin respectueux, consciencieux et à l’écoute des femmes.
1ère de couverture du livre "Moi Gulwali"

Moi, Gulwali, réfugié à 12 ans

Gulwali Passarlay
Ce livre témoigne des horreurs que traverse tout immigrant entre son pays de départ et son pays d’origine. Gulwali, tout juste adolescent, était voué à une mort certaine en Afghanistan, poussé par les étasuniens et les talibans à choisir un clan. Sa mère a alors pris la décision déchirante de se séparer de ses aînés pour leur sauver la vie, en consacrant toutes ses économies pour les confier à un passeur.
1ère de couverture du livre "Moi, Malala"

Moi, Malala Je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans

Malala Yousafzai
Cette adolescente, incroyablement courageuse, tient tête aux talibans qui ont tués sont père pour poursuivre son éducation, et la rendre accessible à toutes les jeunes filles de sa communauté.
1ère de couverture du livre "Brûlée Vive"

Brûlée Vive

Souad
L’autobiographie d’une jeune femme née dans un pays où les personnes de sexe féminin appartiennent littéralement aux personnes de sexe masculin, ceux-ci ayant le droit de vie ou de mort sur les premières. C’est pourquoi l’autrice s’est fait arroser d’essence puis brûlée par son propre frère si mon souvenir est bon. Après avoir frôlé la mort, elle est sauvée par une bénévole européenne dans l’hôpital où on espérait sa mort pour l’honneur de la famille. Elle témoigne de son passage de cette vie de réclusion à l’immersion dans notre société contemporaine.
1ère de couverture du livre "Moi, Sampat Pas"

Moi Sampat Pal – chef de gang en sari rose

Sampat Pal
Des femmes se dressent contre les injustices et le patriarcat dans une communauté de l’Inde, guidée par Sampat Pal.
1ère de couverture du livre "Nicolas 25 ans rescapé des témoins de Jéhovah"

Nicolas, 25 ans, rescapé des témoins de Jéhovah

Nicolas Jacquette
Il m’a permis de me faire ma propre idée au sujet des témoins de Jéhovah, au lieu de ce qu’en disent les bruits de couloir.